Résumé des textes de la progression autour d’une lecture d’œuvres de Cynthia Fleury

Résumé des textes de la progression autour d’une lecture d’œuvres de Cynthia Fleury 150 150 GREP MP
Résumé des textes de la progression autour d’une lecture d’œuvres de Cynthia Fleury :
Le soin est une humanisme
la fin du courage
Les irremplaçables
Mathias Girel et Dewey : Position du problème
Pourquoi les hommes politiques comme Trump ont-ils intérêt à empêcher l’émergence d’un public ?
Quel intérêt un politique peut-il trouver à être sans public ? Pourquoi la dissension lui serait-elle favorable ?
Pourquoi préférerait-il avoir affaire à un public fantôme ?
La société du divertissement empêche l’intérêt politique des citoyens.
Que peut faire la philosophie face à ces confusions ?
Byull chung han : il dénonce la soumission aux technologies numériques
Le smartphone remplace le chapelet, Youtube à la place de l’église, les médias numériques créent des fantômes, internet remplacera les bureaux de vote et nous serons citoyens passifs.
La position de Cynthia Fleury est la suivante:
Nous avons un problème dans nos démocraties parce que d’une part les gouvernants manquent de courage et de responsabilité d’autre part le peuple aussi.
Cynthia Fleury:
La fin du courage:
1- elle dénonce la perversion provoquée par l’hyper-individualisme
le grand moi décomplexé ou la perversion narcissique du social : du surmoi collectif au ça social ou la naissance de la société libérale libertaire.
Un hyper-individualisme prend la place de l’individuation parce que l’on cultive le narcissisme et la mise en spectacle de soi nous rend invisible. Le grand moi décomplexé remplace le surmoi.
Elle fait un lien entre le développement de la bureaucratie et l’effondrement de l’autorité qui était représentée par les figures paternelles. Cela induit la constitution d’un surmoi qui prend naissance dans le ça au lieu de s’appuyer sur ces figures de l’autorité c’est à dire que le surmoi s’appuie sur des phantasmes infantiles et tyranniques. Le résultat en est le manque de prise de distance et la barbarie.
Le soin est un humanisme:
2- l’homme est ce qu’il se fait
Il n’y a pas d’essence, de définition de l’humain, on voit ce qu’il est par ses actes. C’est pourquoi l’individu porte la responsabilité du collectif par ses actions il exerce une part d’humanité, il la
révèle. C’est en cela que consiste l’engagement éthique de l’individu, « se faire » et prendre soin de soi sont la même chose puisque le travail sur sa propre subjectivité rayonne sur le collectif et
sculpte un aspect de l’humanité.
3- l’exceptionnalité une fiction régulatrice
Prendre le versant de la responsabilité de l’humain s’est montrer en quoi il est exceptionnel cela alimente l’imaginaire et régule les ressentiments contre le désir d’impunité et pour une maîtrise
éthique et critique de son humanisme.
Les Irremplaçables:
4- La vulnérabilité source de capacité, comment elle rend capacitaire
L’attention à la vulnérabilité changera notre mode de vie social parce qu’elle nous permettra de développer un éthos, un ensemble de nouvelles relations aux autres qui valoriseront la sensibilité, la
beauté, la rareté plutôt que la performance et le validisme.
D’autre part Cynthia Fleury souligne notre « irrempaçabilité », donc cela accentue encore nos responsabilités mais aussi celle de ceux qui font comme si « les autres » étaient remplaçables, sans importance, dont la responsabilité ou l’irresponsabilité étaient insignifiants.
5- les pressions sur la subjectivité: le sujet devient remplaçable
Dans le monde du soin, on observe que la subjectivité est menacée : elle est en état de crise car elle subit plusieurs pressions : économique : le sujet devient un numéro, technologique numérique : il devient une donnée, neuro-amélioratrice : il ne se perfectionne plus, il augmente ; politique et démocratique : l’état social est réduit à l’état de droit qui devient liberticide. Or le soin et l’éducation sont les conditions de la construction et de la protection des personnes.
La fin du courage :
6- l’état de droit détruit ses citoyens, le sentiment d’irremplaçabilité pour agir
Il chosifie les personnes, elles ne peuvent plus agir, s’engager et sont pleines de ressentiments leurs
votes deviennent extrémistes car ils se sentent remplaçables or pour être bien il faut se sentir
irremplaçable c’est ce que montre la clinique.
7- le monde du travail falsifie la reconnaissance, il retourne le désir d’autonomie contre le sujet
Il y a une perversion à l’œuvre dans le monde du travail, il destitue les individus selon Axel
Honneth : on retourne contre le sujet ses désirs d’autonomie. Du coup le droit à être un individu y
devient une contrainte au résultat et une compétition entre salariés s’organise.
8- le faux pragmatisme
On croit être pragmatique mais on aboutit à la perte du sens, de la morale, au repli individualiste et au scepticisme par manque de courage.
Cynthia propose-t-elle une théorie morale du courage politique ?
9- comment reconnaître le courageux ?
Le courageux sait vivre la peur plutôt que l’impudence et le mépris selon Aristote.
10- le courageux est conscient de soi
Il doit être un sujet et se sentir irremplaçable, le contraire du fonctionnaire anonyme qui ne prend
aucune responsabilité.
11- Le courage et le mimétisme ne vont pas ensemble.
Le courageux doit se sentir convoqué et il n’imite pas les autres, il est seul face aux autres.
12- Le courage c’est chercher la vérité contre le mensonge et le fanatisme.
Texte de Jaurès: transmis par l’éducation nationale aux enseignants à la suite de l’assassinat de Samuel Paty.
« Discours à la Jeunesse », Albi, 1903. (extrait)
Il distingue dés le départ le courageux du guerrier pour énoncer les qualités de la personne courageuse : contre le rapport de force, il sera humain, endurant, volontaire, travailleur, il reconnaîtra ses erreurs, capable d’idéalisme mais pragmatique. Le courageux luttera pour la vérité contre le mensonge et le fanatisme.
13- Retour à Cynthia Fleury: Elle s’appuie sur Michel Foucault qui apporte la notion de Parésia dans la démocratie.
La parrésia ou liberté d’expression : il propose un autre pacte social basé sur le courage de la liberté d’expression. Ce pacte de non violence, relie celui qui dit la vérité et celui qui l’écoute.
Le pouvoir doit-il être autoritaire ou doit-il émaner d’une autorité quelle différence ?
Cette liberté n’est possible que si les liens se tissent en dehors des rapports de force. Or le lien rhétorique est contraignant alors que celui parrésiastique peut être rompu.
14- définition parrésiastique de la démocratie et du care
Cette définition de la démocratie implique l’ouverture à l’autre et un possible retrait par rapport à soi elle repose sur une éthique et un souci de soi réciproque. Le care s’ajoutera alors aux morales de l’autonomie fondées sur l’obligation y apportant la résilience de ceux qui ont su accepter de ne pas dominer et qui préfèrent la confiance et la coopération de l’hétéronomie valeureuse.
15- La paradoxe de la parrésia et de la politique
Dire le vrai n’est pas possible en politique, comme l’avait reconnu Socrate car ce n’est pas professionnel c’est une attitude, une manière d’être. Or la politique est une activité communicationnelle, une profession. Nous vivons dans des médiacraties où le courage devient un instrument pour le politique qui emprunte le masque du parésiaste mais qui reste un sophiste, ducoup on peut confondre les deux.
16- le courage ou le risque de déplaire: le cynisme
La parrêsia est de l’ordre de l’adoxia, qui signifie, pauvreté, dépouillement, mauvaise réputation ce sont les attributs du cynisme. Mais là aussi la forme du discours courageux se situe entre l’ironie
socratique et l’insoumission de Diogène : la stigmatisation se retourne en positivité éthique au fil des réparties qui maintiennent l’honneur du parrêsiaste.
17- le cynisme n’est pas la provocation
C’est le fait que le cynique est un avec soi même qui est une transgression, il est dans la maîtrise de soi et non des autres, dans ce sens il est sujet souverain de fait.
18- le cynique fait correspondre le dire et la vie
Il montre son courage dans une aléthurgie, discours et corps sont unis dans l’expression et le comportement : il dit vrai et le vit en pratique.
19- la non dissimulation comme courage envers soi même: dialoguer avec soi même s’oppose à s’oublier soi même
C’est le souci de soi qui est le caractère du parrésiaste et non l’oubli de soi comme pour le professionnel en politique. La conscience du dialogue avec soi même comme avec un gardien, garantit une certaine pudeur et évite les dramatisations, dissimulations et la « vie éhontée » du grand moi décomplexé qui s’oublie dans sa rhétorique. En politique, le risque que fait courir ce masque du courage du politicien au citoyen manipulé est la disparition du souci de soi et de soi comme sujet tout court.
20- L’autorité selon Hannah Arendt
La personne qui a une autorité, n’utilise pas la force ni la persuasion, elle présuppose une hiérarchie reconnue et légitimée. C’est Platon qui l’a instaurée en politique pour éviter la persuasion d’un côté, la force et la violence de l’autre.
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